Oliver B. Buell. Première école industrielle avec le
père Hugonnard en compagnie d’enfants autochtones à l’avant-plan.
Lebret, 1885. Courtoisie des Archives de la Saskatchewan (#R-A448)
Il y a plusieurs années, lorsque j’ai aperçu cette photographie du Père Hugonnard en compagnie d’un groupe d’étudiants, de quelques religieuses et d’un enfant, j’ai vu un endroit issu d’une autre époque. J’étais là, à l’arrière-plan, sur l’autre colline, jetant un regard vers le passé.
Ils sont assis sur le versant nord de la vallée, le pensionnat de Lebret étant à l’arrière-plan. Ils regardent, vers le sud-ouest, quelque chose au loin, à l’extérieur des limites inhérentes à la photographie. Il est midi. Le soleil brille et quelques nuages sont présents. Devant les garçons, il y a une distorsion que ces derniers ne perçoivent pas.
L’homme derrière la caméra est Oliver B. Buell et les seuls qui regardent en direction de la caméra sont la mère et l’enfant, comme s’ils ne portaient pas intérêt à ce qu’il y a au loin, à l’extérieur des limites de la photographie. Ils sont enveloppés dans des couvertures, ce qui indique qu’il fait froid, et il semble que les arbres soient dénudés de feuilles. C’est l’automne 1885. Les autres regardent en direction de Regina et sont positionnés comme s’ils étaient assis dans un théâtre...
Ils ont été informés de la pendaison imminente de Louis Riel. C’est un fait connu depuis des mois bien qu’antérieurement reporté à deux reprises. C’est une leçon pour les jeunes et les moins jeunes qui allaient prendre les armes. Un événement semblable se produira à North Battleford, le 27 novembre 1885, alors que les jeunes étudiants autochtones seront témoins de la pendaison de huit guerriers. Ces derniers, nous pouvons seulement les imaginer.
À l’arrière-plan, sur l’autre versant de la vallée, un feu brûle et force est de se demander si cela est intentionnel, devant faire partie intégrante de la photographie. L’impression de perdre un lien en émane.
J’ai utilisé cette image sur un panneau réclame, amenant ainsi les étudiants qui apparaissent sur cette photographie dans ce monde auquel ils devaient prendre part et pour lequel ils étaient en formation, vêtus de leur uniforme. Pour qu’ils soient témoins de l’impact du progrès sur la nature. Qu’ils constatent que l’herbe continue de pousser. Le soleil brille et l’eau coule encore, pendant que les arbres brûlent en Amazonie et que les choses changent. Comme le bison, qui vient et va, telles des vagues dans le temps.
“L’AMAZONE EST EN TRAIN DE BRÛLER.”
“PENDANT QUE VOUS JOUEZ AU BINGO...”
Vue de l’installation Qu’Appelle : histoires de deux vallées
Mendel Art Gallery, 2002