Une idée naïve
— Bob Boyer
La première fois que j’ai entendu parler de la Vallée Qu’appelle, j’étais en élémentaire à l’école St Michel de Prince Albert. Je ne me souviens pas de l’année mais je me souviens qu’il y avait quelqu’un dans le poème qui disait ‘ qu’appelle ’ en français. Je ne me souviens plus du poème ni de son auteur. Je ne me souviens plus du professeur, c’ètait peut-être Mme. McDonald ou M. Hanishewski. C’était dans les années cinquantes, quand le monde avait encore des mémoires, des rêves et de l’imagination. C’était un temps naif, qui se souvenait d’un temps encore plus naif. Drôle de chose, parce que je n’étais jamais allé à cette vallée et je n’en avais jamais entendu parler. Tout de même, j’ai eu des mémoires qui me sont venues à l’idée avec ce poème et ce mot ‘ qu’appelle’. Tel était le don de la poésie. Plus tard quand je voyageais à Régina pour aller à l’université, j’ai visité plusieurs endroits le long de la Vallée Qu’appelle, qui me semblait aussi obsédants que le poème.
J’ai complètement oublié le titre du poème et je n’ai pas le coeur de le chercher. Je crois que les mots “ qu’appelle ” se distinguent eux-mêmes. Je sais que la science a placé la naissance de la Vallée autour de la dernière période glaciaire ou la période jurassique ou quelque nomenclature appropriée. Je préfère l’idée naïve . . . qu’appelle. C’est un peu comme l’homme sur la lune qui a disparu quand on a essayé de le trouver en mettant le pied sur la lune. La beauté et naiveté ont disparues en faisant les recherches. Comme un ami me disait une fois, si on enlève chaque épaisseur de l’oignon pour savoir ce que c’est qu’un oignon, éventuellement on se retrouve sans oignon.
Du temps immémorial les communautés des Premières Nations ont vécu et utilisé ”la Vallée ”. C’était un paradis terrestre avec des bisons, des chevreuils, des wapitis, des ours, des coyotes, des castors, des oies, des cygnes, des canards, des gélinottes à queue fine, plusieurs sortes de poissons et de baies comme des cerises, des saskatoons et des framboises, pour en nommer quelques unes. C’est devenu un endroit de premier choix pour les Premières Nations quand les Traités ont été signés. Les grandpères connaissaient sa valeur et ils savouraient son ancienneté sacrée. “ La Vallée ” était un bijou à ne pas perdre ou oublié.
Aujourd’hui dans chaque communauté de Premières Nations le long de la vallée, la spiritualité est préservée dans le chant et la danse. Le powwow, la danse du soleil et le ‘ sweatlodge ’ prédominent lorsque des milliers voyagent à la vallée pour prendre part et célébrer avec les anciens.
Depuis mes premières années à l’université j’ai exécuté un nombre d’oeuvres d’art autour de cette merveilleuse vallée. Les deux toiles que j’ai choisi pour cet essai sont : Le Sentier de Piapot, dans cette exposition, et Le coucher du soleil dans la vallée, de la collection Allen Sapp.
Bob Boyer Path to Piapot
Bob Boyer Chemin menant à Piapot
Le Sentier de Piapot, achevé en 1999, est un fresque quatre pied de hauteur et six pied de largeur. Après avoir exécuter des couvertures pendant plusieurs années j’ai eu envie d’un changement. En plus, depuis mes années d’étudiant j’étais interessé à faire des fresques, alors il me semblait tout naturel d’exécuter des fresques. Le sujet de ces oeuvres adresse la force continue de la culture des Premières Nations, tandis que les couvertures adressaient surtout les problèmes créer par la migration des euro-américains dans l’ouest.
La Vallée Qu’appelle fait partie de cette conscience. La vallée continue à être une place en plénitude de nourriture ainsi que de les esprits des gandpères qui sont toujours présents. Aujourd’hui les gens reviennent de tous les coins des amériques afin de participer dans les cérémonies anuelles, avec même des visiteurs de l’Europe qui veulent faire partie de l’expérience. Le Sentier de Piapot est un ancien chemin. La culture des Premières Nations est vivante et vibrante dans la vallée, en particulier sur la réserve Piapot.
Le coucher du soleil dans la vallée est de l’huile sur fresque, 24 pouces de hauteur par 26 pouces de largeur : elle fut complétée en 1997. Cette toile documente un style de vie qui est renouvelé chaque année dans plusieurs communautés de la vallée : ce qui me préocupe dans les nouvelles oeuvres c’est d’exposer les meilleures choses de la culture qui n’ont pas été détruites par la culture dominante. Le rouge est une couleur sacré. ‘ Ciel rouge le soir, grande joie du marin’. Un merveilleux coucher de soleil, un beau soir d’été dans la vallée, me semble être un bon signe pour l’avenir.
Serait-ce une idée naïve?
—Rédaction de Bob Boyer
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