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Beatrice Lavallee sur Traité Numéro Quatre

 

Beatrice Lavallee raconte son apprentissage à l’école résidentielle

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C’était différent dans ce temps-là pour notre peuple, les expériences avec les écoles résidentielles, je suppose. On nous disait qu’on était des païens et des sauvages. En 1938 on nous appelait encore par ces noms. Et qu’il y avait une place qu’on appelait l’enfer et c’est là qu’on allait tous se retrouver, vous savez. Alors je retournais à la maison en été parce que je parlais un peu l’anglais et j’essayais d’enseigner à mes frères et sœurs un petit peu d’anglais. J’ai cinq frères et euhhh et comme ça, ça serait plus facile pour eux parce que c’était difficile pour moi à l’école. Je ne parlais même pas un mot d’anglais euhhh seulement le cri. Un groupe de filles dans ce temps-là, des filles de mon âge disaient, bien et même si on avait notre famille, un frère, on ne pouvait pas leur parler parce qu’ils étaient cachés dans une autre partie de l’école. On avait différentes salles à manger, différentes salles de classe. On avait, on, on ne se mêlait jamais aux garçons, même nos frères ou les frères et leurs propres sœurs. On n’a jamais fait ça.

Mais le (*inaudible), ça n’était pas seulement parce que je n’aimais pas être à l’école, mais c’était parce que j’étais loin de ma famille pendant ces 10 mois de l’année et que j’entendais toutes ces choses comment on était et leur version en tout cas de qui on était et de ce qu’on était (*inaudible) et qu’on allait tous se retrouver en enfer. Et je retournais à la maison en été, comme je disais euhhh enseignais l’anglais à mes frères et ma grand-mère nous attrapait et elle disait (*** l’interlocutrice prononce une longue phrase en cri ici). La traduction de ça est « Parle ta langue, parle ta langue. Tu seras jamais blanche quand même ». C’était ce ma (*inaudible) nous disait.

Eummm, dans ce temps-là, j’essayais de me convertir à sa cause parce que je l’aimais beaucoup, parce que je savais qu’elle, la pipe et le foin d’odeur qu’elle utilisait chaque jour et les prières qu’elle disait, tout ça, c’est ce qu’ils appelaient du paganisme. Cocum (**prononcé phonétiquement) tu vas aller en enfer, que je lui disais. Tu es une cocum (**prononcé phonétiquement) païenne. Et elle me disait que ça n’était pas à nous, qu’elle disait. C’était à eux. Elle avait un bol qui avait, avec des nervures tout le tour, elle disait c’est ça que le peuple indien nous a donné. La pipe, la pipe, le foin d’odeur, les baies, les herbes, la danse du soleil, la danse de la pluie, nos habits ça c’est à nous, qu’elle disait. C’est comme ça qu’on communique avec le Créateur. Il nous a donné les sueries, les herbes, la danse du soleil, la danse de la pluie; ça c’est à nous qu’elle disait. Ensuite elle nommait les, les (*inaudible) et toutes les autres nationalités; les Allemands, les Français, les, tous les Anglais. Elle les nommait tous. Eux aussi ont été donnés (*inaudible). Qu’importe. C’est leur façon là-bas et ici, c’est la nôtre. C’est ça qu’elle me disait.

 

 

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