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Qu’Appelle: Contes des deux vallées

 

Un essai préliminaire

 

—Dan Ring

La Vallée Qu’Appelle a un pouvoir fascinant qui est difficile à résister. Traversant la grande plaine du nord, la rivière Qu’Appelle et sa chaine de lacs placides scintillent comme une leurre; au fond des ravines et des anciennes pistes, des routes de quadrillage et des autoroutes modernes, les gens recherchent son abris, irrésistiblement éloignée de la monotonie de la prairie à un paysage enchanteur de contrastes. L’effet mystérieux du paysage sur nos pensées et nos sentiments, la façon dont certaines places peuvent nous renouveler et nous surprendre, c’est un des fondements de notre vie.

Chaque fois que j’approche la Vallée Qu’Appelle, je ressens toutes les sensations de changements brusques: la lumière, le feuillage, la couleur, l’atmosphère humide et parfumée, soudainement tout est différent de cette prairie là-haut, mais toujours encore lié avec elle. Les vistas pittoresques des collines, de la rivière et des lacs font un contraste saisissant avec le paysage balayé par le vent des plaines. À cause de cette différence ou peut être à cause de l’abri qu’elle offre, la vallée encourage la contemplation, la guérison et le repos. Cette qualité spirituelle qu’on attribue souvent à la Qu’Appelle est reflètée dans son nom Français, anglicisé comme “Who calls” ainsi que dans le nom Cri d’auparavant kâ-têpwêwi-sîpiy—“Ce qui appelle rivière” ou “Rivière qui appelle”—ce qui parle d’un esprit qui voyageait le long de la rivière en appellant d’une voix humaine.1

En utilisant des noms et des images nous donnons forme à ce qui est impondérable. L’esprit de la Qu’Appelle ne semble pas être malin, soit la voix d’un amant mourant dans le poème de Pauline Johnson ou de la voix qui hante la rivière et nous parle. Il représente ce qui nous attire à cet endroit et comme un écho ce qui nous fait rêver d’y revenir.

La Vallée Qu’Appelle courbe d’un arc a peu près quarante kilomètres au nord et à l’est de Régina Saskatchewan. Elle a été formée par la retraite des grands glaciers à la fin de la dernière période glaciale, laissant la Rivière Qu’Appelle encadrée par des collines verdoyantes et des ravines boisées. Le fleuve sinueux qui est resté a joint une chaine de lacs: Last Mountain, Echo, Mission, Katepwa, et Pasqua duquels les noms évoquent les anciennes Premières Nations ainsi que l’ouest romantisé des trappeurs, des marchands de whisky, des missionaires, des exécuteurs de loi, des agents de terre et des colons. La Vallée Qu’Appelle a été un important site spirituel, un carrefour culturel, et une lieu de rassemblement pour maintes générations de peuples autochtones et au moins cinq générations d’immigrants canadiens. Pour la plupart d’entre eux, la Qu’Appelle était un paradis terrestre, un répit des grandes espaces sèches et brulées par le soleil au nord et au sud, à l’est et à l’ouest. Ses jolies collines et bords de lacs sortent de l’ordinaire contre le manque de relief de la prairie au sud de la Saskatchewan. Bien avant l’arrivée de l’homme blanc, les indigènes faisaient du commerce, la chasse et la pêche et y passaient l’hiver afin de fuir les conditions dure des grandes prairies. Fort Qu’Appelle est devenu un point de convergence pour les relations entre les indigènes et les colons: une mission anglicaine fut établie en 1854, un poste de la Baie d’Hudson ouvrit ses portes en 1864 et ensuite fut remplacé par un grand édifice en brique sur la rue centrale en 1893 et par un avant poste de polices montées en 1875. L’année précédente, le Traité Quatre qui regroupait les terres des indigènes qui étaient autrefois dans les Térritoires Assiniboine, fut signé là le 15 septembre par les représentatifs de Sa Majesté la Reine d’Angleterre et par treize différentes nations Cris et Saulteaux. Alexander Morris, gouverneur-lieutenant du Manitoba et père de l’artiste Edmund Morris, fut un des signataires. Son fils allait retourner à la Vallée Qu’Appelle pour peindre les chefs indiens et le paysage. Edmund Morris a aussi proposé un monument qui soulignerait l’importance du Traité Quatre et des relations entre les indigènes et les colons. Ce monument (qui a pris une forme tout à fait différente de la conception de Morris) est présentement situé dans un quartier tranquille à fort Qu’Appelle, un souvenir ambivalent d’un des documents très important au sujet des relations entre les colons et les Premières Nations du Canada.2

Le chef Sitting Bull(bison assis) et une bande de guerriers ont voyagé à Fort Qu’Appelle en 1881 après la bataille de Little Big Horn; un dessin humouristique dans les archives de la Saskatchewan le dépicte en conversation avec la reine Victoria. Les Français aussi étaient une des premières présences dans la région de Qu’Appelle. En 1866 les missionaires oblats ont bâti une église en bois dans la vallée à Lebret (Lac Mission), qui fut remplacer par une grande église en pierres en 1925. Sous la direction du Père J. Hugonnard, ils ont établi l’École Industrielle Indienne en 1884, cimantant l’union de commerce, de religion et de l’éducation, et imposant les valeurs des colons sur les indigènes des alentours. Les jeunes enfants, enlevés de leurs familles, ont été forcer d’adopter les vêtements européens, la religion catholique, ainsi que l’apprentissage de cultivation, de menuiserie et de couture afin d’être intégrés dans la société de colons.

La rébellion du nord-ouest fut l’impulsion pour l’achèvement de la ligne CPR jusqu’en Saskatchewan parce qu’il était necéssaire d’introduire rapidement les soldats dans la région afin de confronter Riel et ses guerriers métis et indiens. Fort Qu’appelle est devenu un dépôt de réserves important duquel les troupes s’éloignaient au nord vers les champs de batailles. Les photographes tel que Oliver Buell ont documenté la région en albums de photos qui étaient largement distribués. Le Marquis de Lorne était un des nombreux dignitaires qui ont voyagé la ligne principale. En 1881 il fut accompagné par l’artiste Sidney Prior Hall qui a fait un compte-rendu des évènements reliés aux cérémonies et aux danceurs et chefs indigènes exotiques, pour le grand plaisir du publique curieux dans l’est du Canada qui avait soif de voir l’ouest en voie de disparition et de développement rapide.

Dès 1890, le long de la ligne CPR à peu prêt dix milles au sud de la vallée, les villes importantes de Moosomin, Broadview, Grenfell, Wolseley, et Indian Head devenaient très rapidement des centres de commerce, de religion et d’agriculture pour une région où quinze ans auparavant les bisons parcouraient en liberté. Du point de vue culturel ces villes étaient principalement des enclaves d’anglais protestants. Bientôt ils s’enorgueillaient d’églises anglicaine, méthodiste et presbytérienne, des banques, des écoles, des entrepôts et des gandes maisons, la plupart d’entres elles étaient construites en briques et en pierres par les masons de l’Ontario qui avaient été importés pour le travail. L’importance économique et politique de la région fut démontrée par la nomination de W.R. Motherwell comme premier ministre d’agriculture de la Saskatchewan en 1905.3

Motherwell s’était établi sur une ferme dans la vallée en 1882. Ses adaptations innovatrices de culture et son établissement de ferme expérimentale et pépinière d’arbres à Indian Head en 1887, ont transformé le paysage du coin. Un autre signe de la croissante importance de la région fut l’établissement du Diocèse de Qu’Appelle en 1884 et du Collège Saint Jean près de la ville de Qu’Appelle en 1885. Ici les enfants des colons blancs étudiaient l’agriculture et la théologie. Dans le style distingué des écoles anglaises privés et des manoirs de campagne, ils organisaient des matchs de cricket, de tennis et de rugby avec les gens du village, et aussi des chasses au renard, des festivités de noel et des grands bals costumés. Par l’année 1894 le collège avait fermé ses portes à cause de manque de professeurs, de fonds et d’étudiants.4

Il y a une incongruité à cette transplantation de culture et d’architecture à la grande prairie fouettée par le vent, une évocation de vie impérialle qui nous parait irréelle. Par contre, d’autres mémoires encore plus troublantes font aussi partie dans l’histoire de la Qu’Appelle- par example, celles qui sont associées à l’école résidentielle, une image puissante de gains et de pertes pour les indigènes durant l’implantation. Le séminaire fut détruit par une incendie en 1982 et l’école fut démolie en 1999. C’est donc ce mélange de mémoires contradictoires qui compose le tissu complexe de la vie contemporaine en Saskatchewan.

Après la première guerre mondiale et la dépression qui s’ensuivit, il y eu un déclin dans l’optimisme sans bornes du temps de la première implantation. Malgré tout durant les 1920, la vallée est restée une région agricole importante, et en même temps est devenue une destination touristique majeure pour les villes croissantes de Régina et Moose Jaw. Des trains d’excursions portaient les gens à la vallée afin de faire le plein air et soleil, et les familles voyageaient de Régina en voiture sur des chemins raboteux afin de pêcher et camper près des plages. Les plus riches ont bâti des chalets rustiques et créé des lieux de vacances tels que Katepwa, B-Say-Tah, et les plages de Régina et de Lumsden. Petit à petit les villes, les ravines, les plages, les lacs et les collines de Qu’Appelle ont obtenu une atmosphère nostalgique de ‘Old West’. En contraste avec les grandes villes et villages, la vallée était un endroit pour se détendre et rêver.

Emblématique de ce sens de nostalgie et d’éloignement de la vie urbaine, était le Fort San, établi en 1917 quelques milles “du Fort” comme sanatorium provincial de tuberculose. Ici, parmis les bâtiments pittoresques de style Tudor placer dans ses jardins d’agrément et ses avenues bordées d’arbres, existait une communauté étrangement utopique. “Le San” etait pratiquement auto-suffisant, avec de larges jardins de légumes, une laiterie, des profondes caves froides creusées dans les collines, et un système de chauffage centrale qui chauffait l’hôpital et les résidences pour les infirmières, les docteurs et l’équipe d’entretien. Cette société autonome n’avait que des contactes limités avec le monde à l’extérieur afin d’éviter des infections et d’insiter sur le repos. Il y avait cependant un côté sinistre et troublant au San, qui peut être entrevu dans un film qui fut exécuté par Dick Bird dans les années 1930, et dans une histoire romancée de Lisa Steel et Kim Tomczak, the Blood Records, qui explore les effets d’imposer l’isolement et les traitements médicaux forcés sur les patients.

Le passé et le présent dramatisés de la vallée ont été incorporés dans deux pageants qui ont eu lieu à Lebret en 1925 et 1928. L’inspiration pour le premier pageant en 1925 était de collecté de l’argent pour une statue en bronze en mémoire du Père Hugonnard.5 Ce pageant a été documenté dans une série de photographies panoramiques par Capitol Studios de Régina, qui a captivé les autochtones et les colons, souvent impossible à distinguer dans des costumes recherchés d’époque, reproduisant les récits de la conquête. Dans ces photographies, et celles du pageant de 1928, on peut voir les imitations de bataille, les danses indigènes, et les hommages au Père Hugonnard, ainsi que les gens du pays qui posaient comme Samuel de Champlain et ses hommes qui traversaient le Lac de la Mission à voile, supposé être le fleuve Saint Laurent. Ces pageants étaient comparables à des évènements religieux et des cérémonies annuelles qui ont eu lieu à Lebret durant les jours de fête catholiques tels que Corpus Christi, lorsque les jeunes filles autochtones étaient costumées comme des anges, ou encore pour les pélérinages à l’autel en bois au Lac de la Mission (qui fut prétendument réduit en cendres en 1928) et plus tard à la petite chapelle qui l’a remplacé, située sur la colline qui donne sur Lebret.

Ces reproductions absurdes ont une qualité surréelle, d’un côté ridicule et de l’autre tragique. Par les années 1950 et 1960 il y avait un sens que le cercle d’isolation et de fantaisie commençait à craquer sous la pression de l’attention du publique aux problèmes de questions politiques, sociales et écologiques. Le développement sur les plages, et les eaux usées des villes et des chalets ont commencé à polluer l’eau, les poissons mourraient, et la couche dégoutante d’algues vertes couvraient les lacs dès le mois d’août. L’incendie de l’Hotel Fort Qu’appelle (en style de mission) semblait être une mauvaise augure des relations détéroriées entre les cultures dans la vallée. Le rêve approchait sa fin.

Ce ne sont pas tous les contes de la Qu’appelle qui sont agréables. Au premier plan de notre concept pour cette exposition fut une provision de faire ressortir dans l’histoire de colonisation toute la panoplie de symboles romantiques et nostalgiques. Plusieurs des images reflètent un site complexe et déchiré de représentations qui suggèrent et obscurent à la fois un monde cruel et imprévisible où les suggestions de béatitude arcadienne et de comforts privilégiés s’incarnent dans la supposition de classes et de races victorieuses et vaincues. Ces images, peu sincères et contradictoires, exposent et supriment à la fois les traces et les voix qui ont rempli la vallée, reflétant d’une façon dénaturée les différences dramatiques de cultures et de géographie.

Avec ses fascinantes vistas pittoresques et rappels à la culture en déclin des indiens et des colons, la Vallée Qu’Appelle est une pierre de touche à la représentation de la vie de “Old West”. Qu’Appelle:Contes des deux Vallées examine la vallée Qu’appelle comme site géographique, artistique, sociale, et culturel d’importance crucial, non seulement pour la Saskatchewan mais pour tout le Canada. Ce titre pour l’exposition fait allusion à deux vallées: une métaphore pour la façon dont les premières nations et les colons, dans le passé et le présent, ont construit et fait expérience de la nature, de la spiritualité et de la culture dans la Vallée Qu’Appelle. Un but du projet est de refléter les différences dramatiques de paysage et de culture, ainsi que leurs points de convergence. Pour ce but nous avons organisé deux expositions qui, malgré qu’elles pourraient être autonomes, sont liées ensemble pour créer des conflits et pour stimuler des interprétations qui autrement n’auraient pas été évidentes.

Une des exposition est une étude des artistes qui ont dépeint la vallée Qu’Appelle des années 1840 jusqu’au présent. En collaboration avec un historien de l’art Robert Stacey de Toronto, cette exposition comprend des dessins, des peintures, des illustrations de journaux, des livres, des cartes topographiques, et des photographies de la période de première exploration et implantation en 1845–1920. Il y a aussi plusieurs oeuvres de James Henderson de Fort Qu’Appelle, duquel l’oeuvre poétique est liée à la vallée d’une manière innéffaçable, ainsi que les oeuvres d’artistes régionalistes et modernistes tels que Illingworth Kerr, Robert Hurley, Mashel Teitelbaum, McGregor et Elizabeth Hone et John Nugent, qui ont vécu et travaillé énormément dans la vallée à partir des années 1930 et bien au-delà des années 1950. La Vallée Qu’Appelle est un lieu où les barrières sociales et aesthétiques disparaissent. Les artistes tels que David Alexander, Patrick Close, Gregory Hardy, et Dorothy Knowles partagent un intérêt dans le paysage de la vallée; d’autres comme David Thauberger, Landon MacKenzie, et les artistes de vidéo de Toronto Lisa Steele et Kim Tomczak, cherchent à la fois le paysage et l’environnement construit et social.

L’autre exposition présente les oeuvres de Edward Poitras, qui représenta le Canada à la Venise Biennialle en 1995. Poitras, métis d’ascendence, grandit et alla à l’école à Lebret et à Fort Qu’Appelle. Au cours des vingt dernières années il a créé une oeuvre considérable continuelle liée à la vallée. Son oeuvre dans cette exposition est organisée autours des questions du Traité Quatre, des réclamations de terre, de l’école résidentielle de Lebret, et de la mythologie de la vallée. Cette exposition présente ses premières oeuvres, telle que Offensive/Defensive (1988) ainsi que de nouvelles oeuvres, y compris un projet site web. Comme artiste, il est bien situé pour représenter l’interface entre colonisateur et colonisé par rapport à la Vallée Qu’Appelle.6

Pour moi, qui a grandit à Régina et qui visitait la famille de ma mère à Montmartre à vingt milles au sud de la Qu’Appelle, la vallée était une présence visuelle et mentale sur l’horizon. Alors que je grandissait, la vallée est devenue centrale à mes réflections sur mon origine. Durant la deuxième guerre mondiale, mon père, dans le cours de ses études médicales, a fait un stage court à Fort San où il a rencontré ma mère. Elle avait été infecté de tuberculose lors de son séjour en Angleterre comme infirmière, et elle était patiente au San. Les circonstances de leur rencontre m’a fait ressentir que ma vie était liée mystérieusement à la vallée.

En 1957, mon frère a contracté une méningite et il fut hospitalisé au San. Je me souviens de l’avoir visité et qu’on m’avait permis de la voir et de lui faire signe à travers la vitrine d’une très grande fenêtre. Ceci est devenu une métaphore dans ma vie pour la séparation et la distance entre les gens et les choses. À la fin des années 1960, mon père commença à travailler pour la lègue contre la tuberculose de la Saskatchewan, alors la famille (sans ma mère qui était décédée) a déménagée au San pour y vivre. Ainsi la vie avait fait un cercle complet. C’était un temps particulier, où je suis devenu conscient de la vallée d’une autre perspective que de celle de touriste. Plus tôt, comme adolescent, la vallée c’était l’endroit où l’on visitait des amis et la famille qui avait des chalets, ou les danses à Katepwa, ou la plage de Régina afin de prendre le soleil. Maintenant que j’y habitait, je pouvait explorer les ravines et les sentiers en été et en hiver à mon loisir. Accompagné de mes frères et de ma soeur, j’y ai découvert des endroits et des vues spéciales, des points de répères importants, des croyances autochtones, l’art, l’occulte, et l’histoire locale. Toutes ces impressions m’on aider à créer une mythologie personnelle située dans la vallée. Lorsque je marchait dans les collines, je rencontrais souvent des autochtones sur les sentiers. On échangeait peu de mots mais il y avait un sentiment dans l’air qui semblait mettre les deux mondes à l’aise. Cette ouverture d’esprit a formé ma conscience de l’héritage spirituelle qui est liée à l’expérience physique d’un endroit, ce qui est le message authentique de la vallée.

Cette exposition et les essais pour le catalogue naquirent des mémoires et des expériences personelles de tous les participants à ce projet. Edward Poitras ainsi que Trevor Herriot continuent à visiter et travailler dans la vallée. Pour Robert Stacey, l’exposition est un retour au lieu où son grand-père, l’artiste C.W.Jeffreys (1869?-1951) a peint les plus compétentes de ces oeuvres. Cette exposition aborde plusieurs questions—aesthétique, géographique et politique—explorant la complexité de l’art et la société au début de ce millénium. En examinant les récits trouvés dans les images de la Qu’Appelle, on y trouve toujours un fil qui croise la terre et la vie de ceux qui l’habite, soit les Premières Nations ou ceux qui sont venus plus tard. Qu’Appelle: Contes des Deux Vallées raconte plusieurs histoires fondées sur ces dénominateurs communs de géographie et de topographie. Ce qui rend cette place unique, c’est précisement cet entrecroisement de l’ancien et du nouveau et des possibilités que ceci permet pour l’avenir. La Qu’Appelle peut jouer un rôle important dans ce que nous percevons notre histoire collective et notre avenir. Dernièrement, les Premières Nations ont réussi à faire des réclamations de terres dans la ville de Fort Qu’Appelle, et cette communauté semble avoir trouvé les moyens d’effectuer un rapprochement entre les différentes mythologies et manières de vivre qui sont d’une manière ou d’une autre bercées et nourries par la Qu’Appelle. Dans un sens, l’exposition est une histoire de triomphe serein sur les adversités auxquelles nous faisons face aujourd’hui. Alors qu’il y a beaucoups d’histoires de haine, d’ignorance et de négligence, il y a aussi des histoires saisissantes de reconnaissance, de respect, de coopération et de participation.

 

Notes

 

  1. Trevor Herriot, River in a Dry Land: A Prairie Passage (Toronto: Stoddart Publié, 2000), 8–9.
  2.  

  3. Pour en savoir plus sur le monument, à voir Jean S. McGill, Edmund Morris: Frontier Artist (Toronto and Charlottetown: Dundurn Press, 1984). “Morris avait trouvé une pierre sacrée sculptée utilisé pour des rites par les Cris …Morris lui-même avait dessiné un motif plus travaillé, dans lequel la pierre sacrée devait être flanqué de deux colonnes de pierre représentant les deux races: les colonnes devaient être joint au haut par une dalle de granit symbolisant “la fraternité’. Sur le monument mémorial serait inscrit les noms de tous les participants.” (140–141).

    Cependant le monument qui fut éventuellement dévoilé en Novembre 1915, était un seul obélisque de granit avec des plaques inscrites de noms des participants. Contrairement à la première proposition qui” aurait été visible pour plusieurs milles le long de la vallée” (148), il était plus petit et n’avait pas incorporé la pierre sacrée. Le choix final a été fait par l’association de l’art de l’ouest. Le monument a été situé au site de l’ancienne école dans le village de Fort Qu’Appelle, le site originale de la signature du Traité de Qu’Appelle avec les indiens”(171). Morris ne fut pas mentionné dans les cérémonies inaugurales.

  4.  

  5. Motherwell fut le ministre fédéral de l’agriculture (libéral) en 1921 et en 1930.
  6.  

  7. À voir Lucy H. Murray, “St.John’s College, Qu’Appelle, 1885–1894?,” Saskatchewan History 11, no.1 (winter 1958).
  8.  

  9. Information sur les pageants et le monumant Hugonnard d’après les conversations avec Jim LaRocque, conservateur du musée historique de Lebret. La statue du Père Hugonnard entourée par deux jeunes indiens remplis d’adoration, au départ, fut placée à l’ouest de l’école résidentielle . Plus tard, après que l’école fut fermée, elle fut déménagée par Jim LaRocque à son site présent à l’est de l’église du Sacré Coeur à l’entrée du cimetière de Lebret.
  10.  

  11. Une publication sur les oeuvres de Jim Poitras dans cette exposition est à venir à la fin de 2002.
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